Erró, Panorama

250,00 T.T.C

Description

EAN: 9782702210383
novembre 2014
248 pages
Relié, couverture souple avec jaquette imprimée sur rhodoïd
Édition de tête - 100 exemplaires numérotés, en coffret avec une digigraphie de l’artiste

Dans cette nouvelle publication iconoclaste, l’éditeur a choisi d'emprunter aux codes du journalisme davantage qu’à ceux du critique d’art. L’ouvrage qui présente des œuvres passées, présentes et (presque) futures d’Erró retraçant 50 ans de création, est également proche de l’esprit pop de l’artiste, jusque dans sa forme. Originale, elle présente une sélection inédite de ses peintures et collages.
Complétant l'entretien introductif exclusif qu’Erró nous a accordé, les citations qui jalonnent l'ouvrage révèlent l'acuité et la pertinence de sa réflexion sur l'art en général et sur le sien en particulier. Il n'a jamais peint que le présent. Captivé par le monde qui l'entoure, il y puise son inspiration. Si la peinture classique n'a jamais cessé de le nourrir et de le fasciner par sa composition, il aime tout autant la liberté, la couleur et la générosité du Street art.
Rien ne témoigne mieux de l’importance d’Erró, mais également de sa modestie que ce Panorama, inauguré par les dernières œuvres de 2014 pour remonter jusqu'à celles des années 60. Parce que face à « l'incessant flot d'images et d'événements », Erró jubile et manie les ciseaux et la colle. Avec avidité, une inlassable curiosité, il pioche dans la BD, autant que dans Picasso, les journaux et les revues, les mangas, autant que Mao. « Tout, absolument tout a déjà été photographié, filmé, dessiné, alors pourquoi vouloir créer encore de nouvelles images ? » a coutume de dire Erro, arguant que les éléments de ses collages sont, « la partie la plus excitante et la plus libre du travail ». Lui a traversé les courants, les siècles même, et on redécouvre aujourd’hui son apport majeur à l’art de notre temps.
Erró, en islandais, signifie "Maintenant, c'est calme". L'artiste s'était inventé ce pseudonyme en complicité avec son ami Jean-Jacques Lebel parce que l’étrangeté de ses prénom et nom d'état civil, - Guðmundur Guðmundsson-, risquait, en effet, de compliquer ses débuts de carrière en France, au début des années 50… Soixante ans après, ce n'est cependant toujours pas calme, c'est le moins que l'on puisse dire. D’exposition en rétrospective, il travaille sans relâche.
Construites de chocs visuels et mêlant les temporalités et les espaces, les créations d'Erró sont virulentes, troublantes, mais également empreintes d'humour et de dérision. Éminemment critique, son œuvre exhibe la guerre (de celle du Vietnam à l'invasion américaine en Irak), les pouvoirs totalitaires ou la pornographie de la pub et de la consommation de masse. Sujets qui font l’objet de séries: cycles chinois, politiques, érotiques. Les sciences fascinent également l'artiste, la BD, les jeux vidéos et les mangas aussi. Rien ne lui est indifférent. Avec lui, les cosmonautes côtoient des odalisques d'Ingres, Mao, Mickey. Les rapprochements iconoclastes se multiplient à l'infini laissant toute liberté au spectateur d'en interpréter à sa guise la signification.
« La peinture, selon lui, est le laboratoire du possible : un lieu où l'on peut expérimenter, faire du vieux avec du neuf. Je peins parce que la peinture est la forme privée de l'utopie, le plaisir de contredire, le bonheur d'être seul contre tous, la joie de provoquer».