PICASSO, TOROS Y TOREROS

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EAN: 9782702210840 02/11/2017 168 pages couverture toile, relié sous étui

Résumé

Quantité d’ouvrages ont paru et continuent de paraître sur la tauromachie, mais peu d’entre eux sont nés de l’amitié d’un toréador et d’un peintre, chacun de surcroît mondialement reconnu dans sa discipline. Ce n’était pas la première réalisation de Picasso aux Editions Cercle d’Art auxquelles il avait coutume de confier ses livres. Toujours il s’impliquait à tous les niveaux dans leur réalisation. Pour Toros y Toreros, c’est lui l’auteur de la couverture, lui qui a créé de sa main les pages de titre et de faux-titre. Sont ici rassemblés trois de ses carnets de dessins nés de son assiduité, dix années durant, aux corridas de Dominguin dans le Sud de la France.
L’idée de confier au torero, devenu un grand ami au fil du temps, le texte de cet ouvrage en refusant de lui donner quelque consigne que ce soit est également de Picasso… et Dominguin d’accepter de « descendre dans une arène qui [lui] était inconnue ». Sa connaissance intime du sujet et son point de vue unique de torero lui permettent de percevoir tout ce que Picasso sait capter puis restituer de l’ « Espagne profonde », de la capacité du dessinateur à pénétrer « les entrailles de cette fête… dans le pays le plus familiarisé avec la mort qui ait jamais existé ». Dominguin déclare reconnaître instinctivement ce fameux duende dans les œuvres autant que dans l’homme qui les fait naître. Il est émouvant de lire Dominguin écrivant que leur relation leur a permis à chacun lorsqu’ils partageaient des moments de pure amitié, de parvenir à l’oubli réciproque de la profession de chacun comme de la profession de l’autre.
Face à ces deux artistes, Georges Boudaille choisit la sobriété d’un commentaire circonstancié qui restitue sobrement les conditions matérielles de la création et l’organisation des carnets reproduits en fac-similé, en refusant de s’appesantir en livrant des commentaires par trop techniques. En revanche, il insiste sur le « caractère d’extratemporalité qui leur fait franchir le mur des siècles et apporter les mêmes émotions à des générations nouvelles ». Il pointe comment sans renoncer à la représentation du sujet, Picasso sélectionne les aspects les plus significatifs de la corrida dont il exprime la valeur hautement symbolique. S’il constate qu’il ne s’agit pas d’une émotion « romantique», il insiste sur la « sensation visuelle » permise par le style et par ce que le peintre n’a pu s’empêcher de mettre de lui-même dans les magnifiques dessins empreints de la « franchise et de la simplicité du combat de l’homme et du fauve ».