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Autoportraits

Cette collection se propose de donner  la parole à l'artiste vivant, non parce que l'artiste serait le seul
à pouvoir rendre compte de sa création, mais au contraire parce que cette rencontre avec lui-même
et son œuvre dessine un questionnement fait le trouble et de ruse qu'il nous intéresse d'offrir au public,
à la manière d'un genre qui en peinture se nomme « autoportrait », et qui constitue un risque pris par l'artiste, le risque même de la création.
« L'art est une mésaventure » écrit Pons.
L'autoportrait en effet, serait bien ce défi pour l'artiste à tenter l'épreuve de ce qui ne peut se dire et c'est en cette faille entre identité et connaissance que se forma de genre particulier. Car, que voyons- nous dans un autoportrait sinon ce regard du peintre se regardant dans un miroir ? Est-ce à dire que nous y voyons est la question même que pose le peintre à sa propre apparition ? À son propre sentiment d'exister ? C'est ce sentiment ambigu, intime, contradictoire, opaque que ces quelques autoportraits en livre nous convient  à explorer... et qui nous « renvoie » en écho à notre propre sentiment d'exister.

« C'est très jouissif de se gratter, mais faut-il développer un eczéma ? », se demande Mihlstein.

Il s'agirait là de l'opacité qu'oppose la peinture au réel en tant qu'elle se substitue au réel, en tant qu'elle se constitue comme image factice qui se pose comme preuve :et contre-preuve de sa propre existence.