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Le Cercle d'Art Contemporain
Guy Renne naît le 25 octobre 1925 à Moulins (Allier) dans une famille bourgeoise d'origine paysanne.
Inscrit à l'école des Beaux-Arts en 1944, il en rejette rapidement l'enseignement académique sclérosé d'alors, et ce, d'autant qu'il possède déjà, en autodidacte, une grande sûreté de dessin et une bonne pratique de la peinture.Il préfère fréquenter le Louvre, y découvrant ses maîtres paysagistes comme Ruysdaël, Troyon, Corot ; classiques : Rembrandt, Ingres ; et grands romantiques : Delacroix, Géricault, entre autres.
Au cours de ses déambulations au cœur de la capitale, Guy Renne s'attarde longuement devant les grands témoins du Moyen Age, période architecturale qu'il préfère : la Conciergerie, la Sainte Chapelle, Notre Dame de Paris. Après la guerre et jusqu'en 1952 il vit essentiellement en Bourbonnais et crée sur le motif, des paysages ; à l'atelier, des portraits de villageois hauts en couleur. Concurremment, sa verve de caricaturiste - naissante déjà dans ses dessins d'écoliers - se déploie librement, soutenue par son sens de l'observation et de l'humour, sans trace d'ironie blessante. Il y révèle une approche perspicace et cocasse des êtres, mais bienveillante. Cette période est cependant entrecoupée de quelques séjours à Paris où il fréquente les galeries, découvre Gauguin, les Fauves, Cézanne.
Il s'en inspire dans des natures mortes, paysages et scènes.
Les cubistes retiennent aussi son attention, surtout Braque et Juan Gris.
De là naissent ses premières toiles à tendance non figurative : un vrai combat pour s'affirmer dans des œuvres que son entourage ne comprend pas.
Une galerie à Paris en accroche quelques-unes sur ses cimaises.
Il faut noter aussi comme un événement marquant de son aventure picturale dès 1948, sa rencontre dans l'atelier du sculpteur Mermet à Vichy avec Georges Jeanclos - un esprit frère.
C'est donc à la fois dans la nature, la tradition, et la modernité que l'œil et l'esprit de cet autodidacte de la peinture capteront et assimileront les enseignements nécessaires à la création.
Guy Renne réalise en 1958 un Chemin de Croix pour l'église Saint-Julien à Arles. Commande des Monuments Historiques avec une seule indication : des tableaux de petit format, colorés et lisibles. Sur un fond neutre à tendance monochrome, dans une riche gamme chromatique, de petits personnages nettement dessinés figurent la Passion et la Crucifixion.
La dramaturgie évolue de la couleur vive à sa disparition progressive par les ocres et les gris pâles à la gamme des blancs - figurant le passage de la vie à la mort.
1959 marque un tournant important dans la vie et l'œuvre de Guy Renne. Il acquiert au cœur du village une maison modeste qu'il magnifiera. En guise de jardin, il transformera l'ancienne carrière en une véritable création architecturale dans laquelle il construira son atelier, plus grand que le précédent et en contact avec un morceau de nature "apprivoisée", avec de grands arbres.
Cette période donne lieu aussi à des séjours plus ou moins longs à Paris où il fréquente des galeries. De l'art contemporain il retiendra, entre autres, les leçons de Braque, Tapiès et Poliakoff.
Mais il trouvera surtout un esprit frère en Nicolas de Staël qui a fasciné toute une génération d'artistes. En 1977, Guy Renne se penche sur le thème des baigneuses. Les premières grandes Baigneuses sur toiles de moyen ou grand format, peintes en général dans le sens horizontal, s'inspirent directement des éléments de la nature : l'eau, la terre, l'air et des heures du jour et des saisons.
Sur un fond de géométrie libre, abstraite, le dessin du corps de la Baigneuse s'inscrit en réserve et introduit une note semi-figurative, uniquement faite de courbes.
On ne peut toutefois pas dissocier le corps du fond sur lequel il s'inscrit : une fusion totale de l'un et l'autre grâce à un travail de transparence de la matière colorée, sans épaisseur, tendant parfois à une quasi monochromie. Les effets conjugués de marbrures, crachis, éclats, lui confèrent une grande richesse harmonique vibratoire. Aucun pittoresque.Dans les toutes dernières années de sa vie et même dans les tout derniers mois, Guy Renne crée encore des œuvres que la mort venue l'on peut considérer comme testamentaires.