Hélion
Découvrons l'Art
Texte de Hervé Bize
Artiste: Jean Hélion

Hélion s’attaque à la peinture dans les années 20 à la suite de visites au musée du Louvre (il y est marqué par Poussin et Champaigne). Il expérimente au gré des rencontres (Mondrian, Van Doesburg) et se livre à une sorte de parcours initiatique.
Pendant les dix ans qui vont suivre, l’œuvre va se révéler “abstraite”. Mais n'oublions pas que le néo-plasticisme, dans l’esprit de Mondrian et de Van Doesburg, tendait à incarner aussi un projet social et politique.
Hélion pressent rapidement qu’il lui faut ouvrir une fenêtre sur le monde, un monde qui allait sombrer dans le chaos, avec la Deuxième Guerre mondiale, qui l’interrompt dans son travail.
A son retour de captivité, en 1943 il reprend là où il s’était arrêté.
L’immédiat après-guerre institue l’abstraction au cœur de l’actualité artistique générale et semble condamner toute tentative de figuration à passer relativement inaperçue ou pire au dénigrement. Hélion se retrouve donc désormais à contre-courant et incompris. Il aborde à sa manière — à l'intersection du vu, du conçu, du réel et de l'imaginaire — les thèmes classiques du nu, de la nature morte, de la vanité, en les imprégnant d'une dimension surréaliste.
Puis à partir de la fin des années 50, après une remarquable série consacrée aux bouchers des Halles, Hélion se consacre tout entier à la rue et entreprend une série d’œuvres en polyptyque, impressionnantes par leurs dimensions. Il y construit les personnages à larges coups de brosses qui semblent onduler et ces figures font corps avec les autres éléments constructifs de l’œuvre.
Dans les années 70, sentant sa vue décliner, il peint avec acharnement, revisite et réinterprète ses thèmes familiers, adaptant son travail à son handicap. Il renouvelle ses armes, notamment sur le plan chromatique, introduisant des rapports particulièrement audacieux, pour composer de nouvelles séquences, de nouvelles phrases : apparaissent les Suites pucières, nourries de flash-back et d’auto-citations.
Le 14 décembre 1982, il écrit : « Je n’ai plus que 2/10 dans un œil. Rien dans l’autre. Alors je peins pour voir clair. »
disponible
EAN: 9782702207505
2004 | 64 pages | relié, couverture imitlin avec jaquette | 16.00 €
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