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Bernard Pagès

Pérégrines
Texte de Maryline Desbiolles
Artiste: Bernard Pagès


9782702206935 - Bernard Pagès

BERNARD PAGES PAR MARYLINE DESBIOLLES

"Habile, on lève là un mot qu'on ne laissera pas échapper. L'habile homme est celui qui fait feu de tout bois. Habilis, souple, preste, qui exécute ce qu'il fait avec adresse. Pagès n'a pas tourné le dos à la réalité, il ne vit pas en ville. Pagès est de ceux qui nous invitent à avoir une vision moins duelle de ce qu'on appelle la nature, du but et du fabriqué, du cru et du cuit…"

"Pagès inverse le lieu commun de la sculpture, il ne retient pas le mouvement en le figeant une bonne fois pour toute, il donne du mouvement à ce qui n'en a pas, tant et si bien que la pierre, le bois, le béton ou le fil de fer acquièrent la fragilité de la chair, l'incertain du vivant."

L’ŒUVRE

La découverte des Nouveaux Réalistes lui permet de se doter d’une plus grande liberté de création. Il développe un travail basé sur des arrangements de matériaux, souvent présentés dans un cadre naturel. Ces " installations " des années 1970 vont dans le sens de la radicalisation de la sculpture et de l’abandon du socle : L’abri de jardin ou des déclinaisons associant briques et bûches, des combinaisons de carrelages et de gravier… Ces recherches plastiques et son amitié avec Claude Viallat le rapprochent de jeunes artistes ayant entrepris une déconstruction de la Peinture et qui préfigurent le mouvement Support-Surface, mais en 1969 il refusera de participer à l’exposition fondatrice de ce groupe.
De 1971 à 1974, il va poursuivre ses recherches en solitaire tout en assurant épisodiquement des emplois. Il vit à l’écart des milieux artistiques et cesse de participer à des expositions ; il entreprend un travail de repérage de matériaux dont il illustre le classement par leurs empreintes. Ces séries d’Assemblages sont présentées pour la première fois au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne en 1974 puis exposées à la galerie Eric Fabre et à la neuvième Biennale à Paris en 1975.
En 1983, le Centre Pompidou lui consacre une importante exposition. Cette reconnaissance lui permet de s’installer dans un vaste atelier-hangar et de renforcer son équipement pour pouvoir travailler sur de grandes dimensions. Il réalise des pièces de métal qui associent bidons et " buissons " de fer et construit des colonnes de pierre et maçonnerie dont le processus se retrouve dans La pierre à l’éperon, commandée par l’Ecole des Mines d’Alès en 1993. Il installe en 1986 le Cheminement de fûts 222 flowers sur la colline du château d’Edimbourg, et réalise en 1989 la Colonne 1989 de l’hôtel d’Albret à Paris à l’occasion des commémorations du Bicentenaire de la Révolution française, celle-ci participe de l’architecture du lieu autant que du contexte historique. Ses œuvres monumentales - commandes publiques ou privées - font écho au paysage naturel ou urbain auxquels elles sont destinées.



disponible
EAN: 9782702206935
2003 | 160 pages | broché, couverture souple avec rabats | 38.00 €